6 min de lecture. Par Pierre Diof.
Maux de tête en fin de journée, yeux secs, gorge irritée, fatigue récurrente sans cause médicale identifiée : ces symptômes touchent une part significative des occupants de bureaux climatisés. Le « syndrome du bâtiment malsain » (sick building syndrome) désigne cet ensemble de troubles liés à un environnement intérieur mal régulé, et la climatisation en est un facteur central quand elle est mal entretenue ou mal réglée. Bonne nouvelle : les causes sont identifiables et les corrections rarement coûteuses.
L’essentiel à retenir
- La climatisation elle-même n’est pas en cause : c’est son mauvais entretien (filtres encrassés, encrassement des gaines) et un réglage inadapté (humidité trop basse, écart de température excessif) qui génèrent les symptômes.
- Le seuil critique d’humidité se situe sous 40 % d’humidité relative : en dessous, les muqueuses s’assèchent et l’inconfort augmente rapidement.
- Un écart de température trop marqué entre l’extérieur et l’intérieur (clim réglée sous 23 °C en pleine chaleur estivale) favorise les chocs thermiques à chaque passage de porte, sans bénéfice de confort supplémentaire.
Les causes techniques à vérifier en premier
1. Entretien insuffisant du système
Avantages d’un entretien régulier : filtres nettoyés ou remplacés selon la fréquence préconisée par le fabricant, gaines contrôlées, réduction nette du risque de proliferation de poussières et de micro-organismes dans le circuit d’air.
Limites : un contrat de maintenance représente un coût récurrent, souvent négligé dans les petites structures qui n’ont pas de facility manager dédié.
2. Régulation de l’humidité
Avantages : maintenir l’humidité relative entre 40 et 60 % réduit significativement les symptômes d’irritation (yeux secs, gorge irritée) et limite aussi le développement de moisissures en cas d’excès d’humidité.
Limites : nécessite un hygromètre pour objectiver le problème ; un climatiseur standard ne régule pas activement l’humidité, il la fait seulement baisser en déshumidifiant par condensation.
3. Écart de consigne raisonnable
Avantages : viser un écart de 5 à 7 °C maximum entre l’extérieur et l’intérieur en été (plutôt qu’une consigne fixe très basse) réduit les chocs thermiques et la consommation électrique.
Limites : demande une consigne partagée et acceptée par l’ensemble des occupants, pas toujours simple à faire accepter en open-space.
Tableau récapitulatif
| Facteur de risque | Seuil problématique | Action corrective |
|---|---|---|
| Humidité relative | < 40 % | Contrôle hygrométrique régulier, humidificateur d’appoint si nécessaire |
| Entretien des filtres/gaines | Absence de contrat de maintenance | Contrat d’entretien annuel minimum, nettoyage selon préconisations fabricant |
| Écart de température intérieur/extérieur | > 7-8 °C | Consigne modérée (23-26 °C en été selon NF EN ISO 7730) |
| Renouvellement d’air neuf | Débit insuffisant | Vérification du dimensionnement de la ventilation, pas seulement de la climatisation |
Un point mérite d’être souligné : la climatisation seule ne renouvelle pas l’air. Elle refroidit et parfois déshumidifie l’air déjà présent dans la pièce. Un système de ventilation (VMC ou centrale de traitement d’air) reste nécessaire pour apporter de l’air neuf et évacuer le CO2 accumulé, un facteur souvent sous-estimé dans les diagnostics de syndrome du bâtiment malsain.
Tester le simulateur en ligne [lien simulateur à insérer] pour évaluer la solution de climatisation et de renouvellement d’air adaptée à vos locaux.
Sources officielles citées :
Soler & Palau, syndrome du bâtiment malsain, analyse et solutions : https://www.solerpalau.com/blog/fr-fr/syndrome-du-batiment-malsain-analyse-et-solutions/
The Conversation, la climatisation peut-elle vraiment rendre malade (analyse microbiologique) : https://theconversation.com/la-climatisation-peut-elle-vraiment-rendre-malade-une-microbiologiste-nous-explique-262993
Date de mise à jour : 31/08/2026.