7 min de lecture. Par Pierre Diof
L’essentiel à retenir
- Chaque degré de moins au thermostat augmente la consommation d’environ 7 %, selon l’ADEME. Viser 26 °C plutôt que 22 ou 23 °C change directement votre facture.
- Dans les locaux professionnels, la climatisation ne peut légalement fonctionner qu’au-dessus de 26 °C intérieurs, en application de l’article R.241-30 du Code de l’énergie.
- Un filtre encrassé peut faire grimper la consommation jusqu’à 15 % : l’entretien reste le levier le plus rapide à activer.
Pourquoi la clim pèse autant sur la facture d’un restaurant
Dans un restaurant, la climatisation cumule plusieurs contraintes que n’a pas un bureau classique : des portes qui s’ouvrent en continu entre salle et cuisine, une chaleur d’exploitation dégagée par les fourneaux, et des pics de fréquentation qui obligent à refroidir vite. Résultat, le poste climatisation représente souvent une part importante de la facture d’électricité en période estivale.
La bonne nouvelle, c’est que la majorité des leviers d’économie ne demandent aucun investissement lourd. Voici les 5 astuces à activer en priorité.
1. Respecter le seuil de 26 °C, une obligation autant qu’une économie
L’article R.241-30 du Code de l’énergie encadre l’usage de la climatisation dans les bâtiments non résidentiels : l’installation ne doit être mise ou maintenue en fonctionnement que lorsque la température intérieure dépasse 26 °C. Descendre à 22 ou 23 °C en salle n’est donc pas seulement une surconsommation, c’est aussi un usage qui s’écarte du cadre réglementaire applicable aux locaux professionnels.
Sur le plan énergétique, chaque degré supplémentaire retiré augmente la consommation d’environ 7 %, selon l’ADEME. Passer une consigne de 23 °C à 26 °C peut donc représenter environ 20 % de consommation en moins sur le poste climatisation, à usage égal.
2. Entretenir filtres et unités extérieures
Un filtre encrassé force le compresseur à travailler plus longtemps pour obtenir le même résultat, ce qui peut faire grimper la consommation jusqu’à 15 %. En restaurant, l’air chargé en graisses de cuisine encrasse les filtres plus vite qu’ailleurs.
- Nettoyage des filtres : au minimum tous les mois en période de forte utilisation, selon les préconisations du fabricant.
- Dégagement de l’unité extérieure : un groupe extérieur encombré ou exposé en plein soleil perd en rendement.
- Contrôle annuel du circuit frigorifique par un professionnel certifié, qui vérifie aussi l’étanchéité aux fluides frigorigènes.
3. Piloter les horaires avec une programmation ou une GTB
Faire fonctionner la climatisation en pleine puissance dès l’ouverture du service, alors que la salle est encore vide, gaspille de l’énergie sans bénéfice pour le client. Une programmation horaire simple, ou une gestion technique du bâtiment (GTB) pour les établissements plus grands, permet d’ajuster automatiquement la température de consigne selon les créneaux de service et les périodes de fermeture.
La fiche CEE BAT-TH-116, prolongée jusqu’au 1er janvier 2030, couvre justement la mise en place d’un système de gestion technique du bâtiment pour le chauffage et, le cas échéant, le refroidissement. Elle peut financer une partie de cet investissement.
4. Limiter les déperditions entre cuisine et salle
Chaque passage de porte entre une cuisine chaude et une salle climatisée oblige le système à compenser l’air chaud entrant. Un joint de porte défectueux, une porte battante mal réglée ou une baie vitrée qui reste ouverte en continu pèsent directement sur la consommation.
- Vérifier l’étanchéité des portes et fenêtres donnant sur la salle climatisée.
- Installer un rideau d’air ou une porte à fermeture automatique entre cuisine et salle si le flux de personnel est important.
- Éviter de climatiser une véranda ou terrasse fermée en continu si elle communique largement avec la salle principale, sans zonage séparé.
5. Remplacer un climatiseur vieillissant par un modèle performant
Un climatiseur de plus de 10 ans affiche souvent un rendement nettement inférieur aux modèles actuels. Lors d’un remplacement, comparer le SEER (coefficient de performance saisonnier en mode froid) permet d’identifier les modèles qui consomment le moins pour un même service rendu, à puissance égale.
Une pompe à chaleur air/eau ou air/air réversible récente peut être éligible à la fiche CEE BAT-TH-163 (secteur tertiaire), qui a remplacé l’ancienne fiche BAT-TH-113 au 1er janvier 2026.
Cas concret chiffré
Un restaurant de 40 couverts, climatisé par un système multisplit de 12 kW, règle sa consigne à 22 °C en continu de 11h à 23h et n’a pas nettoyé ses filtres depuis plus d’un an.
- Situation initiale : consommation estimée sur la période estivale, consigne basse et filtres encrassés.
- Actions mises en place : remontée de la consigne à 26 °C, nettoyage des filtres, programmation horaire coupée en dehors des services.
- Effet cumulé estimé : de l’ordre de 25 à 35 % de réduction de la consommation électrique liée à la climatisation, en combinant les effets du réglage de température (environ 7 % par degré remonté) et de l’entretien des filtres (jusqu’à 15 %).
Cet article ne remplace pas un devis professionnel : les ordres de grandeur ci-dessus dépendent fortement de l’état de votre installation et doivent être confirmés par votre exploitant ou votre installateur.
Tableau récapitulatif des 5 astuces
| Astuce | Effort | Gain estimé |
|---|---|---|
| Remonter la consigne à 26 °C | Aucun coût | ~7 % par degré remonté |
| Entretien des filtres | Faible | Jusqu’à 15 % |
| Programmation horaire / GTB | Moyen (éligible CEE BAT-TH-116) | Variable selon amplitude horaire |
| Étanchéité cuisine / salle | Faible à moyen | Variable selon configuration |
| Remplacement par modèle performant | Investissement (éligible CEE BAT-TH-163) | Dépend du SEER du modèle remplacé |
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Sources officielles citées :
- Service-Public Entreprendre – Limites de température intérieure des bâtiments
- Maire-info – Décret sur l’usage de la climatisation en dessous de 26 degrés
- ADEME – La climatisation, vers une utilisation raisonnée
Avertissement : cet article ne remplace pas un devis professionnel.
Date de mise à jour : 02/09/2026