6 min de lecture. Par Pierre Diof.
Une salle serveur qui surchauffe, ce n’est pas un inconfort, c’est un risque d’arrêt de production. Contrairement à un bureau, une salle informatique fonctionne 24 heures sur 24, génère une charge thermique constante, et ne tolère aucune coupure de climatisation prolongée. Les règles qui s’appliquent y sont différentes de celles d’un bureau classique.
L’essentiel à retenir
- La plage de température recommandée par l’ASHRAE (association américaine de référence en climatisation, dont les recommandations sont largement reprises par les intégrateurs européens) se situe entre 18 et 27 °C en entrée de baie pour les équipements de classe A1/A2, avec une plage tolérée élargie de 15 à 32 °C à court terme uniquement.
- L’humidité relative doit rester maîtrisée, généralement entre 40 et 60 %, pour éviter à la fois la condensation et les décharges électrostatiques.
- La redondance N+1 (au moins une unité de climatisation supplémentaire par rapport au strict nécessaire) est la règle de base pour éviter qu’une panne unique n’entraîne une coupure de refroidissement.
Les trois approches de climatisation en salle serveur
1. Climatiseur de précision dédié (CRAC/CRAH)
Avantages : régulation fine de la température et de l’humidité, conçu pour un fonctionnement continu 24/7, souvent disponible en configuration redondante N+1 de fabrique.
Limites : coût d’investissement et de maintenance supérieur à un climatiseur de confort standard, encombrement au sol à prévoir dès la conception de la salle.
2. Confinement d’allée chaude/froide
Avantages : sépare physiquement l’air soufflage froid de l’air rejeté chaud par les baies, améliore nettement l’efficacité énergétique et permet souvent de remonter la consigne de température sans risque pour le matériel.
Limites : nécessite un aménagement dédié (portes, rideaux ou parois de confinement), pertinent surtout au-delà de quelques baies.
3. Climatiseur de confort standard (petites salles)
Avantages : coût d’installation réduit, adapté aux très petites salles serveurs (quelques baies) sans budget dédié à un système de précision.
Limites : pas conçu pour un fonctionnement continu 24/7 ni pour une régulation fine de l’humidité : usure prématurée et risque de coupure plus élevé sans redondance.
Tableau comparatif
| Solution | Fonctionnement 24/7 | Régulation humidité | Contrainte majeure |
|---|---|---|---|
| Climatiseur de précision (CRAC/CRAH) | Conçu pour | Fine | Coût d’investissement |
| Confinement d’allée | Améliore l’efficacité d’un système existant | Indépendant du confinement | Aménagement dédié |
| Climatiseur de confort standard | Non conçu pour, risque à long terme | Limitée | Absence de redondance native |
Points de vigilance supplémentaires
- Alarme de température reliée à une supervision, avec alerte en dehors des horaires de présence : une panne de nuit ou de week-end doit être détectée avant que la température ne dépasse la plage tolérée.
- Groupe extérieur dimensionné pour la charge réelle des baies (en kW dissipés), pas seulement pour la surface de la pièce : une salle serveur a une charge thermique par m² souvent très supérieure à un bureau classique.
- Contrat de maintenance préventive avec intervention rapide garantie, plus critique ici que pour une climatisation de confort classique.
Tester le simulateur en ligne [lien simulateur à insérer] pour évaluer le dimensionnement adapté à votre salle technique.
Sources officielles citées :
Vertiv, température maximale recommandée en salle serveur (références ASHRAE TC9.9) : https://www.vertiv.com/en-us/about/news-and-events/articles/educational-articles/whats-the-maximum-temperature-of-your-server-room/
Telehouse, normes et risques de température en salle serveur : https://www.telehouse.fr/blog-fr/temperature-maximale-de-salle-serveur-normes-et-risques/
Cet article ne remplace pas un devis professionnel.
Date de mise à jour : 31/08/2026.